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Portrait de Joseph II, Empereur d'Autriche

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Devenu Empereur du saint-Empire romain germanique en 1765, Joseph II (Vienne, 1741-1790) devint alors co-régent, avec sa mère Marie-Thérèse, des territoires des Habsbourg qui, à l'époque, englobaient nos régions. Il en héritera à la mort de celle-ci, en décembre 1780.

Un réformateur peu populaire

S'il fut mélomane et protecteur de Mozart, Joseph II était aussi un despote éclairé. Il se voulait libéral mais pouvait être autoritaire. Il décréta diverses réformes : soumission de l'Eglise à l'Etat, suppression de congrégations et d'ordres religieux, interdiction des pèlerinages et processions, censure des sermons, suppression des cimetières intra muros, codification des droits civil et pénal (entamée par sa mère) égalité des nobles et des paysans devant les tribunaux, soumission de la noblesse et du clergé à l'impôt, liberté de la presse, etc. Il réforma aussi l'administration de fond en comble.
La brutalité de certaines de ces réformes suscita du mécontentement et aboutit, dans nos régions, à la révolution brabançonne (1789).
Cependant, avant d'entamer tous ces changements, Joseph II entreprit, en 1781, une tournée d'inspection de six semaines dans les Pays-Bas méridionaux, ce que ni sa mère ni son père, François Ier, n'avaient fait. A cette occasion, il fit étape à Namur. Ce portrait fut exécuté en 1783, en souvenir de l'évènement. Joseph II l'offrit à la Ville de Namur.

Symboles

Plan de la Ville de Namur
(coin inférieur droit)

Il y est campé dans une pause quelque peu altière, un bâton de commandement à la main. A gauche, un groupe sculpté symbolisant le confluent de Sambre et Meuse constitue une première évocation de Namur. La ville est rappelée dans la partie droite par un plan la représentant avec ses fortifications, ainsi que par la couronne de Comte de Namur, la plus petite des quatre qui sont posées sur une table drapée de rouge et or, à côté d'une mappemonde. Un rideau de mêmes couleurs accroché par devant une colonne et relevé, dans la partie gauche, fait écho à cette étoffe. Son revers est gris. Enfin, en arrière-plan à droite, une allégorie de la Justice rappelle les réformes établies en la matière par le souverain.

La présence du rideau n'est pas anodine : s'il équilibre la composition, il symbolise aussi le voile de l'oubli qui est relevé, ce qui signifie « nous ne t'oublions pas ». Cet élément apparaît régulièrement dans la symbolique baroque, notamment les monuments funéraires.

Caractéristiques et références

Chromatiquement, cette œuvre se caractérise par une dominance de tons rouge et or, avec une zone de blanc au centre, sur le personnage (la perruque, l'écharpe, l'habit, les bas). La composition se divise en trois parties : le rideau, la colonne et l'allégorie du confluent à gauche, au centre Joseph II et, à droite, la table en plan intermédiaire puis la Justice dans le fond.

On retrouve la même structure dans un autre portrait de Joseph II, commandé à Willem Herreyns par les Etats de Brabant et réalisé antérieurement (Bruxelles, Hôtel de Ville). Il a été reproduit en gravure par Antoine Cardon. C'est le Commerce et Anvers qui y sont évoqués mais la structure de la composition, l'habit de l'empereur, la table avec des couronnes et la colonne à gauche sont communs. Le voile de l'oubli y est cependant plus discret. « Une codification très stricte des détails ne laissait pas beaucoup de liberté à l'artiste » (Pacco, p. 54). Enfin, sur le plan formel, la version de Doncre se réfère certes aussi aux canons baroques, mais avec des accents assagis.

Elève du sculpteur Hermant à Saint-Omer, il travailla essentiellement à Arras, où il décora des hôtels particuliers et des églises. Si on lui doit aussi des natures mortes, il fut un portraitiste apprécié (Portrait d'un écrivain, Arras, Musée des Beaux-Arts).

Thierry Oger


Aperçu bibliographique

KERREMANS, Richard : Dominique Doncre, in 1770-1830. Autour du néoclassicisme en Belgique, Bruxelles, Crédit communal, 1985

PACCO, Maïté : Le portrait dans le Namurois au XVIIIème s. in Portrait en Namurois, Namur, SAN, Service Culture de la Province de Namur, 2002

Encyclopaedia Universalis

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